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« [Je pense que] les entreprises de médias sociaux devraient avoir plus de règles à suivre; pourquoi est-ce aux adolescents de se débrouiller? Même les parents n’y peuvent pas grand-chose, puisque, à l’école, [il y en a qui me] montrent des images que je n’aurais jamais le droit de regarder à la maison. Pourquoi est-ce qu’on laisse n’importe qui publier des images illégales, comme des scènes de meurtre? »

— Citation d’un adolescent ayant participé à l’étude sur l’exposition des jeunes Canadiens à des images violentes et sanglantes authentiques sur Internet

L’exposition des jeunes Canadiens à des images violentes et sanglantes authentiques sur Internet

Les images violentes et sanglantes montrant des scènes authentiques (fusillades avec la police, décapitations, actes d’automutilation, abus d’enfants, etc.) étaient autrefois difficiles à trouver sur Internet et reléguées aux recoins obscurs du Web. À présent, elles peuvent apparaître sur les plateformes en ligne que les ados utilisent au quotidien. Or, aucune étude canadienne connue ne s’était encore intéressée à l’exposition des adolescents à ce genre d’images, à ses effets ni à l’avis des adolescents sur les mesures à prendre face à cette problématique. Les décideurs politiques, les éducateurs et les acteurs du dossier ne disposaient donc pas des éléments voulus pour élaborer des règlements et mettre en place des interventions fondées sur des données.

Pour remédier à la situation, le Centre canadien de protection de l’enfance et des chercheurs de DIY : Digital Safety ont élaboré un questionnaire et mandaté Léger, une firme spécialisée dans les études de marché et les sondages, de mener une enquête auprès de près de 1000 jeunes Canadiens âgés de 13 à 18 ans.

Faits saillants :

  • 85 % des jeunes disent avoir vu des scènes violentes ou sanglantes sur Internet.
  • 50 % des jeunes ont vu la vidéo de l’assassinat de Charlie Kirk et 33 % ont vu des vidéos d’une tuerie de masse ou d’une fusillade dans une école.
  • 10 % disent avoir vu des images d’abus pédosexuels et 13 % ont vu une vidéo d’adultes subissant des abus sexuels.
  • Malgré ces taux d’exposition élevés, seule une petite minorité d’adolescents (7 %) disent avoir cherché activement ce genre d’images. En revanche, la plupart ont indiqué que ces images apparaissaient souvent de manière inattendue dans des publications d’inconnus (39 %) ou des recommandations algorithmiques poussées par les plateformes (33 %).
  • C’est sur YouTubeMD (44 %), TikTokMD (42 %) et InstagramMD (31 %) que les adolescents rencontraient le plus souvent des images violentes et sanglantes.
  • De nombreux adolescents réagissent négativement aux images violentes et sanglantes authentiques et estiment que ce type de contenu devrait être mieux réglementé. La suggestion la plus citée est d’interdire ces images.

Recommandations :

Les constats du rapport débouchent sur des recommandations fondées sur des données probantes à l’intention des fournisseurs de services en ligne, du gouvernement et des intervenants de première ligne. Par exemple, les recommandations adressées au gouvernement préconisent que les lois sur la sécurité dans l’espace numérique :

  • devraient régir davantage de formes de contenu sanglant et violent authentique;
  • devraient s’appliquer à un large éventail de fournisseurs de services en ligne;
  • devraient obliger les fournisseurs de services en ligne à publier des rapports de transparence sur le volume et les types d’images sanglantes et violentes authentiques dont ils ont connaissance sur leurs plateformes;
  • pourraient obliger les entreprises non seulement à fournir aux utilisateurs des directives claires et plus uniformes concernant les images violentes et sanglantes, mais aussi à les appliquer de manière cohérente.

Pour lire le rapport :

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